« Adieu la famille » solo show at PACT gallery, Paris, FR, 2026 (visuels : © Nicolas Brasseur)
« Adieu la famille » solo show at PACT gallery, Paris, FR, 2026 (visuels : © Nicolas Brasseur)
Il avait eu 15 ans. Ou 17. Ou 24. Ou 44.
Les années ne comptent pas.
Il y avait une chambre.
Un lotissement tout neuf.
Une maison silencieuse.
Une porte qu'on n'ouvrait plus.
En bas, une vieille cabane dans un jardin.
Des meubles renversés après une colère dont personne se souvenait.
Une fenêtre qui donnait sur une petite forêt à la sortie de la ville.
Sa mère pensait que ça finirait par passer.
Son père disait qu'il fallait le laisser tranquille.
L'un de ses amis reparlait d'un pacte conclu quelques années plus tôt.
Une fille se souvenait qu'il regardait souvent par la fenêtre pendant les cours.
Quelqu'un retrouvait parfois une photo de lui en faisant défiler son téléphone.
Puis un jour, il n'est plus revenu.
Chacun s'est mis à raconter une histoire différente.
On agrandissait les images.
On cherchait un détail.
On parlait d'un chagrin d'amour.
D'un accident.
D'une maladie.
D'un père violent.
Du travail.
On disait qu'il n'avait manqué de rien.
Il avait tout eu.
Un arc-en-ciel.
Des feux d'artifice.
Une fête de Noël.
Un château gonflable.
Des messages sur son téléphone.
Des cadeaux.
Des colis à ouvrir.
Des projets de sortie pour le week-end.
Pour les vacances de l’année prochaine.
Une histoire qui avait commencé bien avant lui.
Virgil Vernier